Douleurs aux épaules : cet examen ne doit plus être pratiqué

La fréquence et la gravité de ces altérations augmentent naturellement avec l’âge, de manière indépendante du sexe des patients. Surtout, la sensation de douleur se révèle être un indicateur extrêmement subjectif. Les données de cette étude soulignent que 96 % des épaules totalement asymptomatiques affichent des défauts bien visibles lors du passage dans la machine.

Imagerie et symptômes : quelle est la véritable concordance ?
L’étude finlandaise FIMAGE s’appuie sur une analyse portant sur 602 participants. Ces derniers ont bénéficié d’une IRM à haute résolution et d’un examen clinique rigoureux. L’équipe scientifique a minutieusement comparé la concordance entre la gêne fonctionnelle ressentie et les clichés obtenus.

Les résultats sont sans équivoque. La différence de prévalence des lésions entre les épaules douloureuses (98 %) et les épaules parfaitement saines (96 %) demeure statistiquement négligeable. Concernant les ruptures complètes, elles s’observent plus fréquemment en cas de symptômes affichés, mais cet écart s’atténue très fortement une fois les facteurs cliniques et démographiques ajustés par les spécialistes.Surdiagnostic et traitements inutiles : quels sont les risques ?
D’où le paradoxe de l’imagerie. Son utilisation systématique pousse souvent les professionnels à imputer la douleur à des modifications structurelles qui sont, en réalité, tout à fait normales pour l’âge de la personne. En Australie, par exemple, une grande majorité de médecins considèrent encore cet examen comme un préalable avant toute rééducation physique, ce que ces nouvelles observations contredisent.